06/06/2008
Je suis à la foire
J'ai fait mes valises.
Par amour que ne ferais je pas , je me suis levé à 4 h du matin , j'ai sauté dans un avion à 6h35 direction lyon , là je vais sauter dans un deuxième, direction Mulhouse , je vais déposer mes affaires et je glisserai dans le train direction Bâle.
A 12 h j'y serai , oui à la grande foire !

Non pas celle là ! celle de l'art contemporain , ART BASEL 08
Celle où on est accueillie par un immense plug à l'entrée , celle où l'on peut visiter un stand avec 17 picassos prêts à être emportés par le premier milliardaire venu , là où l'art du monde se sent , se hume , se déguste , se consomme , se spécule.

Voir les belles et les élégantes , les artistes , les galeristes et les assistantes d'autant plus jolies qu'il faut anesthésier l'acheteur . Là où les chiffres vont de 2 zéros à 7 zéros , là où la compagnie Net Jet finance un stand et offre aux happy few une réduction sur ses jets privés ( il s'en posera 200 dans le week end ) , là où riches et pauvres font la queue devant le stand gratuit et pris d'assaut des glaces movenpick.
Je vais regarder les évolutions , être consterné devant certaines oeuvres blin bling , subjugué devant des découverte , frustré de ne rien acheter , mais heureux d'être dans le saint des saints dee ce qui se fait dans l'art aujourd'hui , oui j'y serai oui j'y aurai participé même modestement en simple spectateur.
Et puis l'oeil ne se forme qu'en regardant , alors je vais regarder dans ces immenses couloirs sans fin , gorgés des plus chères horreurs comme des trésors les plus simples.
Et puis il y a les foires off , list 08 avec les galeries émergent au look aussi décoiffant que leurs oeuvres , futures tycoons du grand cirque de l'art , je vais retrouver mes galeristes new yorkais et japonais , il faudra visiter cette ancienne usine de bière manger un morceau sur la terrasse grimper jusqu'à la cheminée pour apprécier le paysage.
Et puis je vais retrouver mes fondus , qui eux même ont tout sacrifié pour venir avec l'angoissante question vais je trouver un lit pour ce soir.
Rencontre improbable où l'industriel va côtoyer un plouc sudiste ( moi) un artiste albanais , une assistante galeriste parisienne , une chasseuse de talent , un conservateur , un couple gay qui travail à l'opéra etc ...
l'anglais va être encore nécessaire hai hai ...
Bien sur j'irai à la fondation Beyeler lors de l'inauguration de l'expo fernand leger pour retrouver mon canapé blanc mon canapé , celui face aux nynphéasde Monet à coté de l'homme qui marche de Giacometti , y déguster, lové ,une coupe de champagne , délice sans commune mesure.
Et la nuit , elle sera rave bien sur dans l'usine des pompiers où il fera bon danser jusqu'à 5h du matin , certains se risquent même à se baigner dans le rhin ... rassurez vous je ne le ferai pas je ne peux me présenter pustukeux à mon prochain rdv coquin quand même !
Voila point de sexe ..... ben oui je vous ai dit que j'étais sage ... juste des rencontres , des discutions et le soir un peu saoul , un peu fatigué , je rentrerai bien sagement vers mulhouse et mon grand lit vide ... bon les trains recommencent à 5h37 seulement , va falloir trouver une occupation en attendant ...

10:00 Publié dans ART CONTEMPORAIN | Lien permanent | Commentaires (14)
02/06/2008
Nuit ottomane
(photo Tony WARD)
A l'inconnu qui lui donnait rendez vous au Palais Royal, elle avait préféré les rives si courues du Bosphore.
Je me trouvais dans ma chambre solitaire, avce ce billet témoin de mon infortune.
Minuit l'heure du crime, je composais son numéro.
Elle était dans sa chambre, les yeux pleins de la ville, les narines emplies des odeurs du grand Bazar
Je ne sais pourquoi, bravache , je lui indiquais m'y être aussi rendu.
Elle me demanda le nom de mon hôtel, R .... Fut ma réponse.
Le silence comme aveu d'un trouble, c'était aussi le sien, j'étais à quelques couloirs !
Il ne faut jamais être troublé devant un fauve près à l'assaut.
Je m'engouffrais dans la brèche pour prendre cette citadelle qui s'était jusqu'à lors refusée.
Ma voix se fit ferme pour lui ordonner de se déshabiller et se coucher
Puis je commençais à décrire le parcours à venir de ma langue sur son corps, de mes doigts en meute traquant son plaisir dans ses plus intimes.
Mes mots se faisaient sensuels, descriptifs, précis, mon souffle insufflait vie à ce supplice de tantale.
Mais la belle n'avait pas l'âme du virtuel et ses mains prenaient les chemins décrits par mes mots.
Mots chauds et indécents.
Mots vibratoires ou staccato.
Chemins de pèlerinage, chemins d'extases.
Les ondes téléphoniques en onde de plaisirs.
Son souffle se fit saccadé, le combiné renvoyait de petits cris de plus en plus rapides, la citadelle allait se donner à son assaillant.
Elle vacillait, titubait, les remparts de la décence avaient cédés sous les caresses comme trompettes de Jéricho.
Un hurlement comme chant de cygne de la libération de la vague en elle.
Explosion du donjon.
Rien, le silence
Silence gêné d'avoir joui entre ses doigts, entre mes mots, ressac de l'orgasme.
Ce contrôle qu'en toute chose elle s'était toujours efforcée de conserver revint,
Elle me supplia de la rejoindre, m'indiqua le numéro de sa chambre ...
Aux jeux du désir j'avais ma revanche, je lui avouais ma supercherie,
Dépitée, elle m'avoua y avoir cru et pour la première fois jouis immensément au téléphone.
Ce fut notre nuit ottomane.
08:48 Publié dans NUIT AVEC ELLE | Lien permanent | Commentaires (20)


