30.06.2008

Nuit du Marais

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En ce marais qui n'était pas Poitevin

l'attente.

Le noir pour conséquence du bandeau.

Une clef , des pas , un souffle , une voix , odeur de printemps.

La finesse de ses bras , le soyeux de sa peau , le cassant de sa robe en soie.

L'impuissance de l'aveugle en réponse au sexe étouffant sous le pantalon.

contact de ses lèvres , de sa langue encore timide et pointue.

Ses doigts qui jouent de moi , qui m'explorent qui m'effeuillent

Passif j'explore de mes mains ce visage inconnu , cette robe à lacet , ces bas , ce porte jartelles.

Recherche du graal sous la dentelle de ce presque rien qui s'interpose.

Un baiser langoureux, instant décisif où les peaux se jaugent.

Ma chemise qui s'ouvre , une main qui me parcourt et affole mes tétons.

Sa voix qui s'amuse de cette soumission qui m'annonce la suite

mon sexe dans ses doigts , son pouls.

Pourquoi cette gène, mon absence d'abandon ?

Le manque de regard.

Impertinent et libertaire je ne supporte la soumission

l'initiative et le regard voila mon trouble.

Je jette le masque ,

me descille et la roule sur le matelas.

je vois ses yeux , il me crient son désir 

j'entends son corps il m'interpelle goulument.

Je m'y plonge avidement.

Elle est surprise , son vagin acquiesce et bat à l'unisson.

Roulades jusqu'au matin,

Dans les râles et les cris ,

Dans la sueur et l'orgasme.

Dans la baignoire et les rues.

Dans la douceur de la couche.

Au matin, le soleil pour reconstituant de cette nuit qui m'a laissé vide ,

absolument vide , mais si plein de ces si beaux instants.

 




 

02.06.2008

Nuit ottomane

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(photo Tony WARD)

 

A l'inconnu qui lui donnait rendez vous au Palais Royal, elle avait préféré les rives si courues du Bosphore.

Je me trouvais dans ma chambre solitaire, avce ce billet témoin de mon infortune.

Minuit l'heure du crime, je composais son numéro.

Elle était dans sa chambre, les yeux pleins de la ville, les narines emplies des odeurs du grand Bazar

Je ne sais pourquoi, bravache , je lui indiquais m'y être aussi rendu.

Elle me demanda le nom de mon hôtel, R .... Fut ma réponse.

Le silence comme aveu d'un trouble, c'était aussi le sien, j'étais à quelques couloirs !

Il ne faut jamais être troublé devant un fauve près à l'assaut.

Je m'engouffrais dans la brèche pour prendre cette citadelle qui s'était jusqu'à lors refusée.

Ma voix se fit ferme pour lui ordonner de se déshabiller et se coucher

Puis je commençais à décrire le parcours à venir de ma langue sur son corps, de mes doigts en meute traquant son plaisir dans ses plus intimes.

Mes mots se faisaient sensuels, descriptifs, précis, mon souffle insufflait vie à ce supplice de tantale.

Mais la belle n'avait pas l'âme du virtuel et ses mains prenaient les chemins décrits par mes mots.

Mots chauds et indécents.

Mots vibratoires ou staccato.

Chemins de pèlerinage, chemins d'extases.

Les ondes téléphoniques en onde de plaisirs.

Son souffle se fit saccadé, le combiné renvoyait de petits cris  de plus en plus rapides,  la citadelle allait se donner à son assaillant.

Elle vacillait, titubait, les remparts de la décence avaient cédés sous les caresses comme trompettes de Jéricho.

Un hurlement comme chant de cygne de la libération de la vague en elle.

Explosion du donjon.

Rien, le silence

Silence gêné  d'avoir joui entre ses doigts, entre mes mots, ressac de l'orgasme.

Ce contrôle qu'en toute chose elle s'était toujours efforcée de conserver revint,

Elle me supplia de la rejoindre, m'indiqua le numéro de sa chambre ...

Aux jeux du désir j'avais ma revanche, je lui avouais ma supercherie,

Dépitée, elle m'avoua y avoir cru et pour la première fois jouis immensément au téléphone.

Ce fut notre nuit ottomane.

30.04.2008

Nuit rive gauche

 

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La coquine était en goguette ,

d’hotels en hotels.

Du Meurice au Lutétia ,

de charybde en scylla.

Demoiselle bouclée et surbookée , qui se posait un instant dans mes bras.

Son téléphone vibrait de ses autres amours.

Il pleuvait sur St Germain comme il riait dans nos cœurs.

Un bar à musique comme abris.

Son gout poivré.

Bain de minuit  dans cette blanche baignoire

Et puis la nuit.

Nuit de douceur.

Nuit de tendresse.

Où toutes mes extremités furent requisitionnées pour ses soupirs,

soufflant encore en souvenirs...

21.04.2008

Nuit Phocéenne

 

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Si Paris vaut bien une messe , elle m'avait converti à sa citée.

La liturgie , bien qu'elle n'en fut pas , devait être dites à none.

Nous avons officié, en cette chambre sur le vieux port.

Je n'avais jamais fait l'amour à une femme tatouée ,

Elle n'avait jamais goûté à un sexe circoncis.

baptême de  nouveautés  ...

La chair en délice,

les corps ont sués , les âmes ont jouis.

Liturgie du plaisir.

Consécration d'un désir.

Et la messe fut dite nous laissant extatiques.

 

 

 

06.03.2008

Nuit de chine

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(photo waid)

2h , Bar rouge shangaï ,vue mirifique sur pundong , champagne en dégustation.

Elle, chinoise, grande , mince , élégante.

Douceur de sa langue , excitation de son déhanché contre mon corps.

Traversée de la ville ,désir illuminé par les néons.

Hotel sofitel.

 

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(photo bettina rheins, série chambre close)

 

Son corps parfait.

Rêve d'orient.

Je découvrais la chine ....

Et son sens inné du commerce.

 

17.01.2008

Nuit germanique

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Le voyage en train avait était long , la cathédrale de Cologne pointait ses immenses flèches , l’exposition avait été ahurissante , vision martienne d’un artiste slovène.

Le repas réunissait le petit monde globalisé de l’art , l’anglais était de mise , le vin coulait à flot.

Elle était à deux convives de moi , une paire d’yeux bleus , une couronne blonde et ce petit nez troussé.

Nos regards se sont croisés, ils se sont plus , ils se sont rapprochés.

Elle parlait français avec cet accent à la Romy qui est si sensuel , dieu que la langue allemande est belle parlée par une blonde chevelure.

Les mots ne suffisaient plus, les mains réclamaient le dialogue , il fut fructueux.

Alors elle m’invita à aller ailleurs, de l’autre coté du Rhin ou une rave l’attendait dans un entrepôt.

Nous quittâmes le monde de l’art, pour celui de la musique, les sons étaient assourdissants, les corps saccadés hachés , des couples se formaient, des corps dansaient seuls au milieu de tous.

Nos corps se sont liés, mes reins étaient cadencés par les pulsations du son , la lumière syncopée créait une perception hallucinatoire.

J’ai perdu la notion du temps , nos corps et la musique ne faisaient qu’un , j’étais musique ,elle était son.

Au matin, je rentrais sans chemise, elle m’avait été conservée comme trophée de cette nuit, moi je n’avais même pas celui de son prénom.