23/10/2008
on est jamais trop prudent ...

(photographe inconnu)
jeudi 23 octobre 2008 18 h
A cette heure je suis en blind RDV , je ne connais rien d'elle , juste son âge et sa volonté de rompre ses voeux de fidélité.
si je ne réapparais pas lundi veuillez contacter les services de police pour signaler ma disparition.
Vous leur direz que la dernière fois que l'on m'a vu j'étais sur les escaliers du théâtre des champs élysées.
Je portais un costume bleu et un imperméable gris clair.
je répond au nom de waid.
j'ai une dent en céramique pour identifier mon corps.
18:00 | Lien permanent | Commentaires (25)
20/10/2008
CASA BELLA

Il y a dans certaines villes des lieux magiques. L'art, l'architecture et le design me passionnent.
Etre reçu dans une des maisons de rêve qui hantent le papier glacé des magazines que je déguste est une expérience jubilatoire.
Marseille, quartier du Roucas blanc, Uly, blonde allemande, nous conduit le long de cette rue étroite où perce entre les murs la vue sublime de la mer.
Nous nous arrêtons devant un portail banal, une pente, et nous voila sous la treille muscade qui protège l'entrée sur la façade principale. Devant nous la mer, les bateaux qui jouent à se poursuivre entre les rochers de Marseille, kaléidoscope de lumière qui danse sous nos yeux.
La terrasse en bois suspendue dans le vide, les pins, leur odeur, et surtout cette maison, L de verre et de béton, qui domine la colline et absorbe la vue.

L'intérieur est sobre, meublé de meubles Le Corbusier, et vêtu d'oeuvres d'art conceptuel, tout en retenue mais aussi en passion, car les propriétaires sont à l'opposé de l'image de leur lieu. Il ne s'agit pas d'un couple hype, mais de gens truculents, au verbe pagnolesque et à l'hospitalité débordante.



Simplicité apparente, sophistication cachée, le "less is more" de Mies van der Rohe est éclatant de vérité.
La maison est protégée par des filets de camouflage, elle se fond dans le jardin et se joue des rayons du soleil.
Suspendu un couloir d'eau, on nage avec le vide, la Méditerranée pour horizon, transformant les voiliers qui font la course en canards de bain.
La nuit, la lumière de celle-ci fait un contrepoint au noir du ciel et de l'eau, avec pour lucioles les lumières de la côte.


Un seul regret, devoir reprendre ma voiture et ne pas siroter plus de ce délicieux rosé sous la tonnelle face à la mer.
En attendant je regarde la mer et me remémore le poème du cimetière marin de Paul Valery,
Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux !
Un jour vous irez à Sète, vous regarderez le vif argent des flots de cet endroit, et vous comprendrez.


Oups, j'oubliais, l'architecte est Rudy Ricciotti il est devenu célébre depuis la maison. Mais quand il l’a construite, c'était un sacré pari pour nos hôtes.
07:05 Publié dans ART CONTEMPORAIN | Lien permanent | Commentaires (25)
