Web Analytics Made Easy -
StatCounter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/09/2012

Le temps passe, j’avais promis de passer

 

ensor.jpg

 

 

Le temps passe, j’avais promis de passer, mais tant de choses à voir avant, je cherche son stand dans ce labyrinthe d’art, les œuvres se confondent à mon œil fatigué, mes pas sont douloureux de ces mille piètements, dos en vrac, mais c’est la dernière heure et j’avais promis.

 A la table sa collègue se lève immédiatement quand avec mon accompagnatrice nous sommes à sa hauteur.

 «  A … va arriver, « 

 « Nous évoquons des œuvres exposées, un superbe petit James Ensor, dans la réserve posé sur des caisses »

 « Il est beau, combien ? »

 « XXX XXX ,  superbe non ?! »

 Décidément je n’ai pas les moyens de mes goûts et tant mieux cela serait si ennuyeux de pouvoir tout posséder, l’ennui disait Moravia c’est de vouloir posséder, c’est le renoncement qui en libère, renoncement d’autant plus facile que le chiffre est hors catégorie. Je renonce si peu par ailleurs que je peux savourer cette petite victoire sur moi même.

 Elle arrive, mine défaite, amaigrie, yeux rougies, bon sang elle morfle, ça fait mal au cœur, je la regarde désolé et lui dit que je la trouve fatiguée qu’il faut qu’elle fasse attention à elle.

Ses yeux s’éclairent puis se tournent vers celle qui m’accompagne et s’assombrissent, je vois la silhouette blonde de mon amie s’éclipser.

 Le regard se porte sur moi à nouveau, il est douloureux, putain c’est donc ça l’effet d’une rupture.

Nous devisons de banalités, elle me demande si je vais à la fête de fin de foire, impossible mon avion décolle avant.

On se concentre sur une œuvre d’un de ses protégés, sympa, mais il y a quelque chose qui me gêne dans son travail, une facilité, une séduction trop immédiate, elle sent mon blocage, elle n’a jamais insisté pour que je craque.

Je lui parle du superbe petit Ensor dans sa réserve qui fait rêver, c'est une pièce d'histoire à portée de  main sinon de bourse.
 

Elle me le remontre pour le plaisir.

 Je dois partir, je me sens gêné. Comme impuissant face à son désarroi

 « Passeras tu à la galerie ? »

 « Oui dans trois semaines. »

 « Je serai à l’étranger à cette date, on se voit en septembre alors »

 Je reprends la course des couloirs sans fins, mon accompagnatrice est sur un stand pas si loin, je la rejoins.

 « Je vous ai vu tous les deux, bon sang c’est une évidence, le regard qu’elle m’a lancée et le tien si doux envers elle, vous en étiez touchant, même si on se sentait exclu de vous deux »

 Je feins de m’intéresser à une œuvre, je n’aime pas être nu, malgré mais impudeurs.

Les semaines sont passées, j'ai reçu l'invitation, je la revois dans une semaine elle me mail qu'elle est ravie de me revoir et suis plein de questions.

 

08:46 Publié dans ELLE | Lien permanent | Commentaires (9)

04/09/2012

Oskar Kokoschka et la poupée Alma

Note provenant de ce site http://www.disons.fr/?p=16288


Vers  1912,  le jeune peintre  Oskar Kokoschka qui commençait à connaitre la gloire, tomba amoureux fou d’Alma Mahler, de sept ans son aînée, qui venait de perdre son mari, le compositeur Gustave Mahler.

Autoportrait d'Oskar avec sa poupée de crin

Depuis son apparition dans les salons de Vienne, toute jeune, Alma avait été très remarquée, admirée et désirée. Elle aura de nombreux amants et quelques maris dont Gustav Mahler et Walter Gropius, qu’elle épousera après sa rupture avec Kokoschka.

L’idylle d’Oskar et Alma fut mouvementée et ne dura que deux ou trois ans, ponctuée de séparations houleuses et de retrouvailles passionnées. Fascinée par sa belle, Oskar en peignit de nombreux portraits et en dessina de nombreuses esquisses. En guise de petits cadeaux pour toutes sortes d’occasions, il lui offrait des éventails sur lesquels il avait peint des étapes de leur vie amoureuse et ses propres fantasmes. Alma fut véritablement pour Oskar une égérie qui lui inspira de nombreux chef d’œuvre.

Extraits de : « La vie d’Alma Mahler-Werfel ou la fascination réciproque du mythe et de l’œuvre d’art »( Cahiers d’études germaniques 50- 2006 )

 


Les années 1912 à 1915 comptent, dit-on, parmi les plus fécondes du peintre. Alma est sa muse, sa divinité, son Eurydice – bien vivante toutefois -, sa source essentielle d’inspiration. Tous les portraits de femmes de cette époque ont les traits d’Alma Mahler. L’un des tableaux les plus célèbres de Kokoschka, daté de cette époque, s’intitule La fiancée du vent, et devait, à l’origine, s’appeler Tristan et Iseult ; l’ironie veut que le peintre échange ce tableau, pendant la première guerre mondiale, contre un mauvais cheval. Mais Kokoschka a continué à peindre, même après sa relation passionnelle à Alma Mahler, et sa source d’inspiration ne s’est donc pas trouvée tarie après leur rupture.

[...].De tous ses maris et amants, c’est sans doute Oskar Kokoschka qui a le plus stylisé sa relation à Alma Mahler, en voulant y voir l’expression pure de l’amour passion, en y retrouvant des traits propres au mythe de Tristan et Iseult, ou encore d’Orphée et Eurydice. ..Dans l’histoire qui unit Oskar Kokoschka à Alma Mahler de 1912 à 1915, tous les éléments de l’amour passion tels que nous les connaissons par notre littérature et notre vision de l’amour occidentales sont présents. La souffrance d’amour, la fatalité, le bouleversement de l’ordre social et intérieur, que Kokoschka désigne, à plusieurs reprises, par le terme de« chaos », le lien entre l’amour et la guerre, sont autant de figures du discours amoureux que l’on retrouve sous sa plume. Kokoschka voit en Alma Mahler sa muse protectrice, la femme sans laquelle il est impossible à l’artiste de vivre ni de créer : « Ich muss Dich bald zur Frauhaben, sonst geht meine große Begabung elend zugrunde […] Du bist die Frau und ich derKünstler, und wie wir gegenseitig suchen und verlangen und notwendig haben „.[...] Entre Alma Mahler et Oskar Kokoschka commence une relation passionnelle, où mort ét amour sont étroitement et artificiellement liés[ …..] Alma pose ses exigences à Kokoschka et réclame un chef-d’œuvre en échange du mariage.Alma n’est donc pas qu’une femme séductrice et succombant aux charmes de l’amour, c’est aussi une « femme d’affaires » qui sait reconnaître le talent des artistes qu’elle croise et va chercher à le promouvoir. [...]

1914 est l’année où Kokoschka, pour fuir une relation qui lui paraît de plus en plus sans issue, s’engage comme volontaire dans la première guerre mondiale. Le peintre sort usé d’une union dont la tournure pathologique lui inflige des blessures durables et, pour finir, le front lui paraît plus doux que la vie aux côtés d’Alma…

Photo de la poupée , réplique exacte d'Alma grandeur nature

Quand Alma se lassa de cette relation tumultueuse pour épouser le brillant architecte Walter Gropius avec lequel elle avait entamé une relation à l’époque de son mariage avec Gustav Mahler, Oskar sombra dans le plus grand des chagrins puis se ressaisit pour commander à Hermine Moss, une marionnettiste réputée pour son habileté, une poupée à l’effigie d’Alma, grandeur nature. La réalisation de la poupée prit environ 6 mois au cours desquels, Kokoschka écrivit régulièrement à Hermine pour lui donner des détails et lui envoyer des esquisses. Il voulait que la poupée soit l’exacte réplique de l’amour de sa vie. Cette histoire est bien connue grâce aux nombreux courriers que le peintre adressa à la couturière, des dessins et des notes extrêmement détaillées sur les mensurations et l’aspect de la poupée.

Il semble d’ailleurs qu’Hermine Moss se soit complètement investie dans cette tâche, peut-être éprise de celui qu’elle appelait « Maître » (Meister) et confectionna par la suite une réplique du peintre et de Reisl, la servante qui s’occupait de la poupée, l’entretenait, l’habillait et la servait avec l’uniforme de soubrette que Kokoshka lui avait offert à cet usage.

A partir du moment où le peintre fut en possession de la poupée, il ne s’en sépara plus. Il dormait avec elle, prenait ses repas avec elle-même lorsqu’il allait au restaurant, se promenait avec elle, recevait ses amis en sa présence. Il vivait une relation de couple très uni avec la réplique d’Alma. Tout le monde acceptait cette étrange compagnie, y comprit le poète Georg Trakl avec lequel il était lié. Reisl jouait le jeu avec dévouement.

La marionnette continua d’inspirer l’œuvre de Kokoshka comme Alma  de chair et d’os  l’avait fait.

Après quelques mois d’intimité avec sa poupée, Kokoschka organisa une grande fête avec de nombreux invités qui admirèrent la femme objet se la passant de main en main jusqu’à ce que quelqu’un, devançant sans doute le désir explicite ou implicite d’Oskar, lui trancha la tête. Tout le monde étant assez ivre, le corps décapité atterrit dans la fontaine du jardin.

Le lendemain matin, alors que tout le monde dormait encore, le facteur qui déposait le courrier dans la boite aux lettres aperçu une femme décapitée baignant dans le bassin d’eau. Affolé, il alerta immédiatement la police qui se rendit sur place pour constater que la femme était faite de laine et de crin. Les restes atterrirent dans une poubelle.

Oskar avait pu livrer la poupée à l’ivresse de ses amis car il avait fait son deuil de la relation avec sa chère Alma. Peut-être aussi avait-il trouvé une autre source d’inspiration et souhaitait-il passer à un autre thème de création.

La vie toute conjugale que Kokoschka mena avec Alma a fait l’objet de toute une littérature psychanalytique ou psychiatrique. A mon sens, le peintre était peut-être fou sur d’autres plans mais le fait pour un artiste de garder un souvenir transposé de sa bien-aimée n’est pas différent de ces gens qui font empailler leur animal de compagnie, de ceux qui vivent au milieu des portraits de leurs chers disparus ou de ceux qui parlent aux cendres de leur moitié conservées dans une urne qui trône sur leur cheminée ou leur table de nuit.

03/09/2012

Morton Bartlett: fétichiste habile

 

WAC_Toy_Stories_Bartlett_GirlLickingLips_1.27.12_-_Copy.jpg



Si les photos de la poupée d’Hans Bellmer, vantées par Breton et les surréalistes sont célèbres, le fétischisme de ces jouets, entre enfance et érotisme a inspiré d’autres personnes qui par le hasard du temps ont été découvertes après leurs morts.

A Berlin cet été à la Hamburger Bahnhoff c’est le travail ou plutôt l’obsession de Morton Barltett qui est exposée consacrant cet homme comme artiste atypique, jugez en :

Né en 1909 aux Etats Unis, orphelin à 8 ans, il sera adopté par une famille aisée de Boston, qui lui permettra d’entamer des études de finance, et passer deux années à Harvard, mais la grande dépression de 1929 met fin à sa volonté de travailler dans la finance, il fera divers boulots, éditeur de craft magazines, de cartes postales, tenant une station service, après l’armée il deviendra graphiste et photographe.

En 1936, agé de 27 ans ( hans Bellmer commencera son travail agé de 32 ans en 1934), il commence ce qui allait devenir un hobby exclusif pendant 27 ans, fabriquer des poupées de jeunes filles âgées de 6 à 15 ans.

Il étudira pour cela l’anatomie et modèlera ses poupées d’abord en argile, puis en plastique, son engagement est si fort que chaque poupée met plus d’un an pour être créée, on en a compté 15 de réalisées.

Ces poupées sont vêtues par des vêtements qu’il dessine et fabrique, puis elles sont photographiées, sa recherche de réalisme et de perfection est constante, les mises en scène aussi 200 photos noires et blancs seront tirées, et même des photos couleurs.

Sans que l’on sache pourquoi en 1963 il enveloppera celles-ci dans du papier journal et les enfermera dans des caisses en bois et cessera ce travail, il déménage en même temps, comme si ce changement de lieu marquait un tournant de page, il vivra encore jusqu’en 1992.

Un an plus tard, c’est une antiquaire Marion Harris qui lors d’une foire sur les quais de New York verra une de ces poupée et achètera tout le lot , faisant des recherches sur Bartlett et le faisant découvrir dans le milieu de l’art en écrivant une biographie de lui.

Depuis son travail a inspiré les controversés et sulfureux frères Chapman, il est montré dans les galeries ou les musées.

Des proches, les Gibran,  à coté duquel il a vécu, disent de lui qu’il n’était pas pédophile, ils n’ont jamais vu de jeunes filles ou de jeunes modéles chez lui, il n’était pas non plus antisocial, son hobby n’était pas secret, et il fréquentait des femmes.

Nous sommes proche des rapports de Gepetto avec sa marionnette Pinocchio, des photos de Lewis Caroll des jeunes femmes, peut être la volonté de créer une famille avec, bien sur, un sentiment ambigu à propos de la création.

Un excellent article est écrit sur lui par un journal the Boston GLOBE

The man who played with dolls

Ou par le magazine ARTNET

Substitute for Love

Une galerie de photos sur flicker

IMG_1777.jpg

 

 

IMG_1778.jpg

bartlett2a.jpg

gal_Bild_Barlett_Foto_Madchen.jpg

6274p1000159.JPG

2008-02-19__10-04-01Image4.GIF

 

5011874304_11588f7e49.jpg

1185819342_1573.jpg

DSCN5238_JPG_940x2000_q85.jpg

IMG_0586.jpg

 

 

gallery7c.jpg

morton4.jpg

IMG_1775.jpg