22/07/2009
Nuit plurielle

photo presque contractuelle
Si mes rencontres sont plurielles, mes nuits sont singulières. Dialogue des corps à corps si espéré. Vanité de ne vouloir être oublié. Je n'avais encore jamais totalement conjugué le singulier au pluriel.
Hôtel du Louvre, Paris, 3 sujets, 3 compléments d'objet et le verbe jouir en désir.
L'amitié d'abord de retrouver mes tendres complices (enfin tendres …pas à deux). Je fus la cible de leurs joutes durant le repas de l'après-midi. Comment tant de tendresse au singulier peut se transformer au pluriel ? Mystère insondable de la femme.
Vient la découverte de la chambre, le lit sera t-il assez grand ? Le placard contient heureusement une couette et la moquette est très épaisse.
Le rendez-vous au China Club, et la rencontre avec les autres complices, découverte du nouveau, ou plutôt de la partie non intime de lui, l'autre nous étant connue.
Repas finalement sage, certes les positions les plus diverses furent évoquées devant des serveuses impassibles, quelques mains sous la table et des couples qui se forment du regard.
Retour à l'hôtel, le champagne coule, brève tentative des intellectuels du groupe d'organiser un jeu action- vérité, jeu auquel mon indiscipline totale me fut reprochée, j'avais déjà enlevé la culotte de ma victime avant de jouer ... tout le monde sait pourtant que sucer n'est pas jouer !
Un couple se forme, s'enlace, donne le ton. Celle à qui j'avais rendu sa culotte me pousse sur le lit, plaisir de retrouver son sexe, dont la taille et la forme est idéalement taillé au mien, sexe d'or en quelque sorte, et croyez moi, ça compte.
Les gémissements commencent, bien que certains soient plus longs à se mettre dans l'ambiance, mais il faut se méfier des diesel, ils épuisent bien plus que les moteurs à explosion rapide.
Je jouis avec elles, ils jouissent à mes côtés. Nous jouissons de concert. Etrange mélange des corps qui se touchent ou s'échangent. Les craintes s'estompent, les sexes se dressent. Oublier les voisins, se concentrer sur son plaisir. Un sexe béant, avide d'encore, comblé par moi. Elle gémit mais je ne suis déjà plus en elle. Je suce, caresse, pénètre. Danse des corps, jonglerie des fesses, cris, pluriel de nos orgasmes. Je ne sais plus où mon sexe se trouve mais il s'agite au son des plaisirs.
Pauses coquines, têtes sur poitrines, alchimie qui s'accomplit entre les encore toujours recommencés. Nuit blanche, rouge d'orgasmes, hors du temps, où les corps ne peuvent se résigner à ce qu'ils n'en peuvent.
Au matin plus que quatre. Quatre enlacés qui dorment comme des enfants innocents des jeux des parents.
Quatre qui se cachent sous la couette pour ne pas être surpris par la femme de chambre qui entre inopinément.
Quatre qui se retrouvent devant le chariot du petit déjeuner à déguster des mets succulents.
Quatre qui se recouchent pour dormir un peu l'un contre l'autre, comme une portée de chiots.
Quatre qui se sont aimés, s'aiment, et vont s'aimer, au pluriel comme au singulier d'une nuit qui ne fut pas que pluralité.
Car la nuit s'est prolongée l’après-midi encore à la terrasse du palais royal, à discuter, échanger et palpiter comme si nous ne voulions plus nous quitter et mettre fin à ces instants hors du temps.
20:02 Publié dans NUIT AVEC ELLE | Lien permanent | Commentaires (29)
