12/09/2008
Emois

Diogène cherchait un homme, Miroslav Tichy cherche compulsivement l’image.
Je suis rarement surpris par une expo mais celle de cet inconnu de 80 ans, reclus volontaire, marcheur et photographe lumineux en est une.
Tchèque qui s’exilant dans sa ville natale, vivant comme un clochard, bricole d’incroyables appareils photos avec des boîtes de conserves, des bouts de verre et du goudron des rues, et construit pour ses seuls yeux une œuvre si particulière qu’elle en laisse pantois de nombreux artistes et critiques d’art.

Tous les jours notre homme se balade … la kabbale (c'est le livre que j'ai sur la tête dans la photo de la vignette du blog) ne dit-elle pas que la pensée ne peut se construire qu’en marchant ...


Miroslav Tichy marche donc, et vole aux femmes de sa ville des images, car ce lumineux clochard aime les femmes, leur corps qu’il photographie en clandestin pour une traversée personnelle et incroyablement impudique dans cet Est pudibon.
Rentré chez lui, ces images troubles, floues, où des bouts d’humanité apparaissent, sont traitées, manipulées. C'est Photoshop d’avant l’heure, avec l'incroyable bricolage et ingéniosité de ceux qui n'ont rien d’autre que leur génie.
Le résultat est spectral et incroyable, on y sent du Bacon, on y sent aussi une tradition picturale qui fait que cet artiste n’est pas un ovni apparu par hasard, mais s’insère dans une grande tradition qui fonde l’art.

Comme dit la critique : « S’en dégage un charme onirique, incertain et fragile. Tichy nous emmène dans des contrées inconnues, où les femmes sont belles et inatteignables, où le hasard et les erreurs gouvernent tout, où on ne peut être sauvé qu’en vivant en retrait du monde et en faisant inlassablement cent huit photos par jour, jusqu’à plus soif, jusqu’à l’extinction du désir ».

08:12 Publié dans ART CONTEMPORAIN | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : miroslav tichy
08/09/2008
Montalembert
Cela faisait des années que j’en mourais d’envie,
Rendez vous fut pris, tenue libre à l’exception d’une consigne nous ne devions ni l’un ni l’autre porter de culotte.
Mon sexe sous le jean attendait patiemment qu’elle arrive,
Le salon de l’hôtel Montalembert représente mon rêve de lieu parisien.

Quartier Saint Germain , rue du Bac ,atmosphère des écrivains de la Nrf , Gaston Gallimard et son écurie dont mon cher Paul Morand à qui ce lieu contemporain et chaud n’aurait pas déplu.
Le dernier livre de Renée Char entre les mains , fasse à cette cheminée moderne , de pierre grise du Hainault , entouré des éditions de la Nrf dont la couleur jaune est si intemporelle , je sirote mon café dans ce grand canapé chiné , calé contre le dossier oreille.
Seul dans ce coin intimiste comme chez moi.
Elle arrive, robe verte , dessin très Emilio Pucci , se cale contre mon corps , visage radieux de son désir.
Un café , des mots échangés et vite le langage des corps.
Doigts qui jouent sur sa jambe si lisse , ma main qui s’égare sous la jupe.
Ses doigts dans mes cheveux , son nez et ses lèvres sur mon visage.
Délicieuse sensation que cette érection sous la toile du Jeans , une tache de goutte de sperme apparaissant à sa plus grande satisfaction.
Osera t elle ?
Je me lève et passe le bar , tourne devant le desk , évite mon reflet devant la superbe glace régence et descend les escaliers.

Ambiance noire , chêne et bronze tout en luxe serein.
Les toilettes pour femmes s’ouvrent devant moi , immense glace et lavabo contemporain creusé dans la pierre beige , odeur de parfum.
La porte s’ouvre c’est elle , nous nous enlaçons.

Et puis juste des flashs , la deuxième porte celle des toilettes vite franchie , son corps contre le mien , sa langue fougueuse , sa jupe relevée , son sexe trempé , mes mains qui la pénétrent , sa bouche qui me happe , nos soupirs.
Les amuses bouches étant trop peu caloriques à nos ventres affamés , je la plaque dans l’angle du mur , ses jambes s’arqueboutent sur les cotés.
Les femmes sont souples quand elles désirent !
Mon sexe la pénètre la soulevant à chaque coup de boutoir , incroyable sensation de transgression et de sexualité bestiale , sans artifice que le plaisir du plus profond.
Sentiment de ne faire qu’un avec elle, littéralement greffée à moi.
Je ne me souviens plus du temps , mais de ses râles et de ses spasmes.
Je me souviens de nos vêtements tâchés de nos envies.
Je me souviens de son regard et du rouge de son visage en passant devant le desk.
Je me souviens de mon envie encore plus grande , de ma main dans la sienne , et de notre course vers notre chambre.
08:41 Publié dans NUIT AVEC ELLE | Lien permanent | Commentaires (29)
